_______Manque________
Le vent frais souffle du fin fond des oubliettes,
Il cogne puis, enfin, passe la porte que je lui ai ouverte,
fenêtre de carreaux propres, pour un temps d’inexistence,
Respiration d’une chambre, trône du malheur de l’insuffisance.
Les nuages disparaissent, pour un temps, de mes paupières.
Je ne vois plus que le bleu des éclaircies, passagères.
Faites que le vent me vienne de toi, un peu de ta présence
Pour m’en éloigner ta trop grande absence.
Mon cœur se serrait, mes sourcils se froncèrent.
Soleil, s’il te plait ! arrose-moi de ta lumière,
Pour un temps réchauffe-moi de l’intérieur,
Pour un temps fais bouillonner le sang de mon cœur.
Les nuages reviennent, pour encore longtemps,
Ils emplissent tout le ciel, le monde sanglotant.
Un jour tout redeviendra plus lumineux,
Pour le temps où tu seras là ; heureux.
_________Insomnie___________
Un chant d’étoiles,
De violons, clarinettes…
Il glisse sur la peau, fraîcheur de la nuit.
Me fait frissonner, chatouille mes bras.
Un chant d’étoiles,
De violons, de clarinettes…
Il creuse ma gorge, pique mes yeux,
Musique des grillons, faux calme de la nuit.
Un chant d’étoiles,
De violons, clarinettes…
Il plit les herbes humides, sous mes pas nus,
L’esprit tourmenté dans un univers de quiétude.
Un chant d’étoiles,
De violons, clarinettes…
Là où tout le monde s’oublie, plus ou moins serein
Mais qu’importe : La nuit est faite pour effacer.
Un chant d’étoiles,
Mais des tam-tams se déchirent,
Ce calme universel ne m’atteint pas,
J’espère juste ne pas être seule…
Un chant d’étoiles,
Une bande rouge à l’horizon,
Panique venant, le sommeil toujours fuyant.
Un chant d’étoiles,
Plus de violon, ni de clarinette.
La lumière fut sur le monde, le réveille.
Un chant d’étoiles,
Et moi je m’oublie, jamais trop loin de toi.
__________Cauchemard___________
Des doigts noirs, squelettiques,
Darkness…
S’approchent, charnières
Les ombres stoïques
Des doigts sombres, originaires
Me prennent par le cou, les bras…
Darkness…
Les jambes,
Je ne peux plus crier.
Darkness…
Une main ornée de 2 crochets,
Le venin noirci qui passe sous ma peau
Darkness…
L’on me tue de l’intérieur.
Je retrouve un oreiller,
Serré fort comme un trophée.
Un trou noir à la place du cœur
Vide…
Deux prunelles qui ne brillent plus,
Les rats courant sous la douceur
Vide…
Le plumier n’a pas voulu
Fermer la porte à la peur.
Elle se rapproche sans arrêt,
Ce trou noir qui creuse à la gravité.
La sueur entre les frissons,
La fièvre aurait pu la justifier
Mais contre moi juste le néant.
Vide…
L’écho ne rend pas visite en prison,
Il n’y a pas d’allez ! Allons nous-en !
Darkness…
__________En écoutant Pierre Lapointe…__________
Deux ailes de libellule coincées aux creux des mains
Il ne reste que le vide des souvenirs lointains
Un lion en cage tournant autour de la mare
Entre les vols dans les nuages bleus ou noirs
Petit fourmis cherche les yeux de son cœur
Des étoiles s’éteignent longuement sur la peur
Des lignes bleues, des courbes grises se posent
Le jour, les grillons, disputent sur les effets des causes
Une taupe rouge ronge sauvage cette molle matière
Les gerçures, la nuit, apportent l’ère glacière
Un cliché sur la mer, les vagues ne se cassent plus
Et puis cet oiseau en queue de pie qui nous dit salut.
C’est une biche empoisonnée ; un tigre qui boit à la rivière
On lie les voyages d’une oie prisonnière
Du sang qui coule, la fin d’un rythme de tambour
De petites plumes s’envolent sans amour
Quatre pattes fines s’enfuient, le coupable sera condamné
Une jeune tortue vers la mer envoie son nez
Deux ailes de libellules coincées aux creux des mains
Un lion en cage tournant autour de la mare
C’est une biche empoisonnée : un tigre qui boit à la rivière…