Une nuit. C’était impeccablement impossible de dormir. J’avais peut-être trop roupillé durant la journée (sans cours…) enfin, je ne sais pas trop… j’étais trop creuvée en tout cas pour faire autre chose qu’écouter la radio.
Déjà, je suis passée par NRJ, l’émission sans interdit. Bof, sans interdit, sans interdit de conneries lourdes et pénibles surtout ! Déjà ils appellent M. et Mme Lecul. Pauvre gens, comme si c’était la première fois qu’on les embêtait avec ça. Faudrait que la bande à Mikaël trouve un truc de plus original à faire qu’appeler des gens pour la 1000 et unième fois de suite…
Puis, je mets la chaîne 2 de mon radio réveil mini hi fi, tombe sur vibration… De la musique, que de la musique. Mal de tête… Impossible d’écouter ça ! Je continue à zapper. Et oui ! Je peux parfaitement zapper avec mon radio réveil mini hi fi parce qu’il est équipé d’une télécommande (pratique quand tu es dans ton lit ^^) et les fréquences sont pré-programmées (par moi même).
Bon, je zappe, je zappe… J’arrive sur Europe 1. C’est l’émission d’Alexandra. Bon, vous devez avoir connaissance du principe : on appelle la douce Alexandra pour lui faire des confidences, raconter ses réussites, ses peines… et tout ça jusqu’à deux heures du matin ! Je trouve les gens qui l’appellent terriblement pathétique. Peut-être est-ce cruel de ma part d’avoir un tel manque de pitié mais… comment Alexandra fait-elle pour ne pas exploser de rire ?? Déjà on écoute une dame qui a « réussi la rêve de sa vie… réussi à s’épanouir en écrivant Dynamo crevette, sa pièce de théâtre qui se joue (je ne sais plus où) le jeudi à 19 h 30 » Bon, je ne doute pas le moins du monde de la beauté de son art théâtral (car vous êtes une artiste maintenant Mme Crevette) mais bon. Il y a mieux que le ton égocentrico-dramatique-de-la-femme-qui-a-rien-fait-de-sa-vie-et-qui-a-enfin-réussi-à-faire-quelque-chose pour faire de la pub pour une pièce de théâtre ! Zut ! Mais à quoi pensent les gens bon sang ?
Ensuite il y avait une pauvre jeune femme qui venait de découvrir son penchant homosexuel et qui le vivait très mal. Bon jusque là, je pense qu’il n’y a rien à blâmer. Sauf qu’au fil de la réflexion, on s’est dit qu’elle souffrait de la figure du père absent, que la personnalité masculine l’intéressait par curiosité car elle n’avait pas pu la connaître comme elle l’aurait du dans son enfance… et en même temps le dégoût de l’homme parce que sa mère, ayant été victime d’attouchement sexuel, l’avait trop protégée des hommes… Et il y a le vieux monsieur de 70 ans pédéraste qui se fâche au bout du téléphone car il est persuadé que le problème de Nadège (la fille homo s’appelle Nadège) vient du fait qu’elle n’arrive pas à accepter son homosexualité. Pauvre Nadège… Et puis moi j’imagine le vieux monsieur dans un lit avec une autre vieille pomme ridée masculine… Oh mon Dieu !!
Bon, c’est promis, un jour j’appelle Alexandra.
Alexandra : Bonjour Alyanie, alors vous nous parlez de votre réussite… c’est ça ?
Alyanie : Bonjours toutes les auditrices et auditeurs. Bonjours aussi à vous Alexandra.
Alexandra : Merci.
Alyanie : Voilà… Donc, je vous raconte un peu, je suis étudiante en lycée, en première scientifique précisément…
Alexandra : Oui, c’est très difficile…
Alyanie : Oui, euh… C’est dur parce qu’on veut nous faire apprendre des notions un peu… abstraites… pas toujours facile à acquérir.
Alexandra : hum… humm…
Alyanie : Donc c’était cela mon problème. En chimie, je n’arrivais pas à comprendre comment il pouvait exister un quatrième état, l’état aqueux. Parce qu’il y a 3 états physiques : solide, liquide et gazeux mais aussi des états chimiques… Et c’était plutôt compliquer à comprendre.
Alexandra : hum…
Alyanie : Oui, parce quand un élément chimique, un ion, est dans l’eau, on ne peut pas dire qu’il est solide, ça se voit bien qu’il est liquide, mais on ne peut pas dire non plus qu’il est liquide car il est liquide grâce à l’eau… Quand on enlève l’eau, il n’est plus liquide, il est solide ionique. Ceci me perturbait beaucoup.
Alexandra : Alors, euh… … …
Alyanie : Alyanie
Alexandra : oui, Alyanie, pardon, comment en êtes-vous sorti de ce… BOUBIER, de votre esprit. Car votre esprit était vraiment bloqué par ce problème, n’est-ce pas ?
Alyanie : Vous avez complètement raison Alexandra, ceci me bloquait pour tout, en chimie. C’était vraiment inconcevable que je continue comme cela.
Alexandra : Alors, qu’avez vous fait ? Je suis sure que votre réussite pourrait intéresser des auditeurs qui sont dans le même cas que vous…
Alyanie : Et bien j’ai en quelque sorte fait un compromis dans mon esprit en comparant les ions aqueux à de la Grenadine.
Alexandra : C’est très intéressant tout ça… Approfondissez !
Alyanie : Et bien la grenadine ce n’est liquide que lorsque c’est dans l’eau. Si on assèche de la Grenadine, je pense que vous le savez, ça vous fait une croûte solide, non ?
Alexandra : hum… hum…
Alyanie : Mais on ne peut pas dire que la Grenadine a un état solide car… ce n’est pas une pâte de fruit la Grenadine !
Alexandra : oui, parfaitement.
Alyanie : Donc je me suis dit, les solutions électrolytiques, c’est de la Grenadine !
Alexandra : Oui, c’est absolument extraordinaire ce que vous avez fait là ! C’est très intéressant ce genre de compromis… Ca permet vraiment d’avancer. Donc nous avons Alain au téléphone qui aimerait participer à ce sujet… Bonjours Alain !
Alain : Oui, bonjours Alexandra, bonjours Alyanie.
Alexandra : Alain, vous avez 83 ans, vous étiez entraîneur de rodéo et il vous est arrivé à peu près la même chose, non ?
Alain : Oui, c’est cela. A cause d’un problème presque identique, je n’arrivais pas à m’épanouir sexuellement.
Alexandra : hum… expliquez-nous comment cette chose absolument… euh… improbable, que vous avez réussi à surmonter, a-t-elle pu arriver.
Alain : Et bien je ne savais pas quoi faire. J’avais deux femmes, soit l’une, soit l’autre…
Alexandra : oui, évidemment.
Alain : je ne savais pas laquelle choisir, alors j’ai fait un compromis. J’ai bravé tous interdits de mon époque… car vraiment, c’était impensable de mon temps et j’ai pris les deux !
Alexandra : Pardon ?
Alain : J’ai pris les deux.
Alexandra : Excusez-moi d’être aussi crue… mais… vous faisiez du triolisme, non ?
Alain : Oui ! Parfaitement !
Alexandra : Mais c’est très bien tout ça… et ça vous a permit d’être heureux… et… euh… c’est le principal… quels que soient les moyens, les raisons, le procédé utilisé, il faut toujours rechercher le bonheur.
Alain : et aussi…
Alexandra : l’émission se termine. Nous allons entendre François pour les informations… Merci Alyanie d’avoir participé.
Alyanie : Bonsoir.
Alexandra : Merci à vous aussi Alain…
Alain : Je voulais rajout…
Alexandra : Aurevoir à vous tous ! Et n’oubliez pas, je reviens tous les soirs jusqu’à deux heures du matin. A la prochaine fois !
Alain : Je… (jingle de fin)