L’intelligence des mots

ecris un motPlusieurs fois souvent, je me suis posé une certaine question : et si les mots pouvaient définir notre intelligence ? Les personnes que je juge d’idiotes, ou plutôt de plus idiotes que la moyenne, sont en générale des gens qui ont un rapport avec les mots aussi étroit qu’une girafe avec ses sabots. Vous vous disputez avec eux, ils seront capables de vous alignez trois magnifiques gros mots dans une phrase. Tentez de rétorquer, ils ne comprendront qu’à moitié ce que vous voulez dire. Ceci parait peut-être un peu prétentieux, exagérer, ou quel dé-compliment que vous voudrez, (les mots me manquent) et pourtant c’est du vécu. « Ecoute, nous n’avons pas le même avis, ne compte pas sur moi pour plier, mes intérêts de fille sont en jeux tout de même ! » et lorsqu’on vous répond : « Ta mère aussi c’est une pouffiasse ! » Voyez le rapport… Ce n’est qu’un exemple.

Je ne dis pas forcément que ceux qui connaissent le plus de mots réussissent, j’en aurais presque envie, il faut quand même avouer que plus on connait de mot, plus on a de chance de s’en sortir. Notre société est basée sur les mots, savoir les contrôler c’est savoir comprendre la société, aussi peut-être savoir la diriger. Les mots en sont la bases, modifier les mots c’est modifier les phrases, modifier la société et donc les gens. Ceux qui possèdent les mots, possèdent tellement de choses en fin de compte. Et l’intelligence dans tout ça ? Quelqu’un qui possède n’est pas forcément quelqu’un d’intelligent. J’ai connu des pauvres qui possédaient une intelligence incroyable. Ils raisonnaient à une vitesse à faire pâlir nos professeurs de philosophie, mais surtout ils se trompaient si peu souvent ! Si peu… J’étais petite lorsque j’ai eu quelques rapports avec ces gens, les louanges ne sont peut-être pas si justifiée, n’empêche qu’ils étaient pauvres. Les mots n’étaient pas pour eux les mêmes que moi. Ils étaient en plus petits nombres, avec moins de nuance, moins de précision. Les mots n’apportent donc pas l’intelligence. Dans ce cas d’où me vient cette intuition. Il doit tout de même bien avoir un rapport entre les mots et l’intelligence !

 

Souvent, bien souvent hélas, je confonds l’intelligence avec le savoir. Les mots permettent de savoir. Connaitre un mot qui signifie telle ou telle chose, veut aussi dire connaitre cette même chose. Plus on connait de mot, plus on sait de chose, non ? Et plus on sait, plus on a de chance de réussir, plus on a de chance de briller auprès des autres, plus on a de chance, donc, de paraître intelligent. Les mots ne seraient donc qu’une simple apparence à l’intelligence ? Dans ce cas peut-on être intelligent sans savoir ? Et… je ne sais plus où je voulais en venir…

 

Enfin. Les gens qui ont peu de mot, ne comprennent peut-être pas ce que signifient mes paroles. Cela ne veut pas forcément dire qu’ils sont plus moins intelligents. Je suis sure qu’en utilisant leurs 2.000 mots couramment utilisés (je vois peut-être même un peu trop large) ils seraient capables de me comprendre, et de réutiliser d’autres mots encore de leur si riche vocabulaire grossier pour m’en mettre plein la vue de nouveau. Non, le problème ne devrait pas venir de l’intelligence. Ceux qui possèdent peu de mots, ne sont pas des sous-hommes, se sont des victimes, les victimes de ceux qui possèdent davantage de mots, donc. Oublions l’argent, la richesse doit ensuite se compter en mots !

 

Comment sans connaitre suffisamment de mots peut-on se défendre ? L’on peut utiliser les armes, certes, mais il s’agit d’une technique terrible archaïque et mal vue dans la société d’aujourd’hui. Comment, sans les mots, peut-on savoir si telle ou telle chose est vraie, exagérée, falsifiée, faussée, etc., etc…. deuxième remarque appartenant au vécu : les gens qui possèdent peu de mots sont souvent des victimes directes de la société : frustrés par la publicité, obèses, violents, ne possédant pas explicitement leur individualité. Les gens qui n’ont pas les mots, n’ont plus leur liberté, ils sont, je le répète, victimes. Aller à l’école, c’est important. L’école est le moyen le plus productif de mots. Je ne sais plus combien, en allant à l’école, on en apprend chaque jour, mais le nombre dépasse bien la centaine. Posséder les mots c’est savoir les dire, mais aussi les écrire. L’orthographe est très importante. Les professeurs aussi, donc, le sont. Sans professeur, il n’y aurait pas d’école, pas assez de mots pour la populations, les gens deviendraient une bande de robots victimes des quelques chanceux qui ont su capter les lettres. Mon idée n’est pas dénuée d’exemple. Mon titre était mauvais. Finalement, l’intelligence ne vient pas des mots, c’est le pouvoir. Et le pouvoir, ainsi que le savoir, est souvent confondu avec l’intelligence. D’ici venait mon erreur.

Vous qui lisez mon article, soyez tranquille, vous faites au moins parti de la classe moyenne. Ce qui est bien avec les mots, c’est qu’on n’a pas d’impôts sur la culture à payer. Et puis, une fois qu’on n’en a un, même si on le donne à quelqu’un, il est toujours là pour nous. Ne soyons donc pas avare des mots, exorcisons-là, amassons-les, et je vous assure que la liberté nous est donnée, ainsi que la fierté de savoir que nous avons donné l’aumône du mot à quelqu’un qui était dans le besoin.

4 Réponses jusqu'à présent »

  1. 1

    Switchie2 a dit,

    Jeudi 25 octobre, 2007 @ 9:24

    Il y a aussi les mots qu’on avait et qui ne sont plus là : à cause d’alzheimer par exemple, Maman ne parle presque plus. Elle oublie tous les mots qui disparaissent les uns après les autres… Alors j’essaye de comprendre ce qu’elle veut dire, de trouver les mots oubliés, d’imaginer quel mot peut être au bout de l’index avec lequel elle me montre quelque chose ; mais est-ce la vitre ? l’arbre qui est derrière ? l’oiseau qui est dedans ? l’immeuble qui est en face ? l’avion qui passe au-dessus ? Quand les mots ne sont plus là, c’est difficile de remettre un peu de sens et de logique là où il n’y a en déjà presque plus. En m’occupant d’elle, je suis devenu une sorte de …. traducteur de ce qui n’est pas dit…. Pas facile. Mais c’est juste pour te dire qu’il y a des mots qui ne sont pas les mots glorieux de la culture et des quotients intellectuels, des quiz et des jeux de scrabble. Ce sont les mots du silence. Les mots de ce qui ne peut plus être dit. Ce sont des mots morts au champ de bataille. En peut aussi être en deuil des mots. J’en avais un peu parlé ici : http://switchie2.wordpress.com/2004/10/17/mots/

  2. 2

    Lyen a dit,

    Jeudi 25 octobre, 2007 @ 10:53

    Les mots s’est pas forcément inée non plus… Des fois ont a besoin de frapper à la porte pour qu’ils viennent et des fois ils boudent, ou laisse la place à un autre mot qui n’est pas forcément celui dont on a besoin.

  3. 3

    adalaberus a dit,

    Samedi 27 octobre, 2007 @ 11:53

    Les mots, le vocabulaire et généralement l’aisance verbale, plus que l’apparence physique, sont un des premiers codes-filtres qui permettent au classes dominantes d’éviter par le jeu de l’humiliation, de venir manger une part de leur gâteau à ceux qui ne font pas partie de leur progéniture.
    Heureusement, la démocratie avait inventé l’école pour pallier à cette différence et permettre à ceux nés du mauvais côté de la barrière d’arriver à un peu se réaliser malgré les pièges. Elle avait fait disparaître les accents régionaux (rédibitoires), elle avait offert “l’instruction”, plus ou moins la même pour tous.
    Le problème, c’est que les professeurs, depuis les années 70-80, ne sont plus des “hussards de la République” mais des membres à part entière de la classe dominante et on rendu bien plus subtil le système des différences de langage. Il suffit de voir les compositions de certaines classes selon le choix des options pour comprendre que les mots et l’aisance verbale ne sont pas distribués de manière uniforme parmi les élèves.
    Ce fossé s’agrandit de manière dangereuse depuis que les nantis soixante huitards font faire par exemple du rap aux élèves plutôt que d’étudier Victor Hugo! (qui est peut-être par moment un peu chiant mais qui fait partie des nombreuses connaissances à avoir pour, toujours subtilement, éviter que certaines portes se referment).
    Pour ne pas tomber dans ce piège, il n’y a qu’une issue: la curiosité permanente, la soif de culture et lire, lire, lire…

  4. 4

    Oriane le gps a dit,

    Lundi 31 décembre, 2007 @ 7:11

    J’ai une opinion proche de la tienne en ce qui concerne l’école mais dans ma jeunesse (c’est ca mamie) j’en avais une toute autre : pour moi l’école obligatoire était caprice des autorités, qu’elle ne servait a rien et surtout qu’elle avait un fonctionnement ridicule qui visait les moyens (et encore) en laissant les bons et les mauvais de coté, les uns s’ennuyant, les autres bataillant pour réussir (a avoir seulement deux points au dessous de la moyenne), ou bien s’en fichant totalement. Les profs étaient stupides et sans culture, ne comprenaient personne, etc.
    Mais j’étais sous influence, msieur le juge, et de toute façons j’ai sauté une classe peu après et découvert l’UTILITE de l’école.
    Ouf.

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