Alyanie’s Blog (lui-même)

L’Emerveillement est la clef du Bonheur, la Curiosité celle de la Liberté.

L’humanproof

Publié par Alyanie sur Mardi 30 octobre, 2007

[En réponse à my crazy teacher]

De quoi que ce soit, les choses ont toujours leur contraire. Chaque élément de l’univers peut tomber un jour sur ce qui le détruira, et ce se détruira aussi en même temps. La complexité suit ce même chemin. Et lorsqu’une nouvelle chose est crée, son inverse devient possible. Il y a eu la vie, puis l’homme. Et l’homme, dans sa gigantesque progression détruisait la vie. L’on pourrait croire, d’un point de vue extérieur, qu’il s’agissait de l’opposé à la vie, et pourtant, l’homme n’était que vie. Il en était un évolué complexe, et cet évolué complexe était si complexe, qu’il ne pouvait garder une réconfortante stabilité.

 

Logiquement, au même moment de cette formidable création, devenait possible son contraire. Il s’agissait de mort. D’une mort si complexe, si complexe… Cette mort ne pouvait être stable, elle engendrerait théoriquement la vie. Les hommes avaient une conscience, ils avaient la raison, les histoires. Ils pensaient pouvoir un jour percevoir tout leur univers et s’enorgueillissaient de chercher à le comprendre. Un jour toutes les sirènes de leurs villes auraient pu chanter, alarmantes, les hommes apprenaient que ce qu’ils faisaient, ce qu’ils créaient points à points, chiffre à chiffres, découvertes à découvertes, tuait une à une chacune des fondations qui composaient leur douce terre, leur douce vie.

 

Mais tout était lancé, tout allait beaucoup trop vite. Jamais ils n’auraient pu retenir la machine avec leurs 28 milliards de pattes. Les plus pessimistes, ou les plus cultivés sur le sujet crièrent aux dieux de les aider, crièrent à l’homme en haut de son trône de faire quelque chose. Peut-être était-ce le manque de courage, de bonne volonté, mais rien ne fut fait. Chaque nuit, avant de s’endormir, les hommes pensaient se réveiller sur la colère de la vie, la colère de la terre, car ils l’avaient trahie.

 

Leur imagination fit rapidement des millions de fois l’aller-retour entre leur futur et le passé. Le vent, de sa grande gueule, happait tous les enfants, les démantelait, couchait les maisons, envoyait les billets dans la mer. Puis la mer bordait les terrains de golf de boue, nouait les femmes désespérées de voir leurs enfants s’envoler dans les orages. Pendant ce temps, les pierres écrasaient les amis, le feu détruisait les peintures, le papier… Les hommes se voyaient résister, sous les sacs de bétons. Alors le monstre nature arriverait, son souffle froid glaçant les plus faibles, ses mains brulantes pétrissant les plus forts.

 

Mais le monstre nature n’avait pas la force de faire cela. Et les hommes continuaient à espérer le miracle qui sortirait la vie de ce bourbier. Coute que coute, semblaient-ils dire.

 

S’ils savaient que cet espoir qu’ils espéraient tant était cette mort, oui cette mort si complexe, cet humanproof. S’ils savaient, je pense qu’ils auraient peur, je pense qu’ils refuseraient. Et pourtant, si l’humanproof rencontrait l’homme tout serait fini, la nature n’aurait plus de mal à se faire. Les hommes refuseraient, et pourtant c’est l’espoir qu’ils demandent.

 

Cet humanproof arriverait par hasard, au fils des générations de tueurs, au milieu des déserts humains, au milieu d’une terre perdue au fond d’un infini sans fin. Il se créera peut-être au sein même des cellules d’un humain, un petit grain de mort qui engendrera la vie. L’humanproof aura une conscience, il aura un but, mais il ne saura pas qu’il est entouré de vie, comme les humains ne sauront pas qu’ils entourent la mort. Et puis, tout atteindra son paroxysme, les humains apprendront à tuer la vie, l’humanproof à créer la vie. Alors, ce jour là, par inadvertance, les hommes se tueront, l’humanproof choisira la vie. Nous verrons de grands champignons pousser d’entre les nuages, des nuages aller vers les faisceaux croisés, des têtes de morts sur fond jaune. L’humanproof se libèrera. Se fera fini de lui, fini de l’homme.

Si les hommes savaient cela, je pense qu’ils auraient peur, qu’ils refuseraient, et pourtant…

Laisser un commentaire

XHTML: Vous pouvez utiliser ces étiquettes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>